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TUMACO... la controversée

01/10/2012 | tumaco, puente el morro colombia | 1 commentaire |

TUMACO... la controversée

            C' est en compagnie de nos deux guides, Jaime et Cookie, nos amis "ainées" de Pasto, que nous décidons de passer quelques jours sous le soleil du Pacifique. Il se trouve que la région Nariño offre une côte pacifique très intéressante et dépaysante. Nous partons donc à quelques six heures de Pasto plein ouest, au soleil...... à Tumaco.

 

            Tumaco est la ville aux couleurs de l'Afrique. Avec son côté nonchalant, ses rues bondées d'un trafic très dense et ses habitants de couleur, ( tous à 95% descendants directs des esclaves noirs : les Afro-Colombiens). Cette cité est un lieu hors du commun à quelques pas des villages andins du Nariño. Malgré la violence qui fait rage dans certains quartiers pour le contrôle du trafic de cocaïne, cette ville, en soit pas très accueillante, détient un charme très particulier. Le mélange de la culture Afro et Latino y est très intéressant, pour son dialecte, sa cuisine et ses nuits très chaudes. Ses nuits endiablées au son des percussions du pacifique (marimba, tambours et djembé...) sont incroyables. La danse locale est le Mapalé, une danse d'origine clairement africaine, mimant les gestes du quotidien comme la pose du shampoing chez le coiffeur, les coups de pioche, etc... Ici, on bouge les fesses et laisse de côté les tabous le temps d'une nuit. Tumaco est une ville très pauvre, les habitants vivent avec très peu d'argent, au jour le jour et dans des conditions parfois tenaces. D' ailleurs, pour ces diverses raisons, les habitants de Pasto ont peur de cette ville et de cette culture de l'autre bout du monde. On dit d'elle qu'elle est mal famée, que les gens y sont voleurs et fainéants, car en grande partie les Pastusos, n'y ont jamais mis les pieds. Ils entendent des choses et les transforment. A Pasto, on se moque de l'accent des Tumaqueños qui mâchent un espagnol avec l'accent sénégalais et le rythme latin. La ville est aussi peuplée de beaucoup de militaires, colombiens et américains, qui survolent en hélicoptère ou en avion la zone pour démanteler les nombreux « labos » de cocaïne qui poussent à vitesse grand « V » dans la région. La fumigation des champs de coca est d'ailleurs un des fléaux local, car bizarrement, les champs fumigés sont le garde-manger des  populations indigènes locales... Les populations alentours ( Awá) souffrent aujourd'hui de diverses maladies liées à cette pratique. Sans compter que les cultures et les zones fumigées sont dès lors inutilisables pour des années. Un hôtel chic en bord de plage est même dédié uniquement aux agents de la DEA (service anti-drogue des gringos) . Cette grave maladie qu'est la cocaïne, qui génère des millions à des « inconnus », ne profite que très peu aux autochtones pris entre deux feux et très vulnérables vu la pauvreté de la ville.

 

            Bref...  

 

            Depuis Pasto, le trajet est sinueux et encombré de poste de contrôle... mais nous arrivons tant bien que mal à Tumaco. L'entrée de la ville est essentiellement constituée de bidons-ville sur pilotis plongés dans une eau très sale et croupie. Les motos et les vélos se croisent dans un « brouhaha » indescriptible; enfants, familles et bébés  se partagent la même selle et les quatre roues y sont quasi inexistants. Le centre ville, jonché par les détritus des différents marchés, recèle de petits commerces, de vendeurs ambulants et de différentes charrettes couvertes de fruits. Le tout dans une bonne humeur incroyable... Très typique.... 

 

            Nous sommes, après un slalom en taxi, accueillis par des amis du couple qui nous accompagnent dans une jolie petite maison. La chaleur est écrasante mais la bière y est bien fraiche et nous découvrons les joies de flâner sur une terrasse souvent assaillie de vendeurs en tout genre. Ici, les enfants de pêcheurs, ont la triste responsabilité de vendre le poisson du jour.... Un travail difficile, consistant à arpenter les rues de la ville toute la journée, portant le poisson sur la tête dans de frêles bassines odorantes à souhait. Ce poisson ne faisant vraiment pas envie, nous décidons de préparer pour le soir un poisson acheté au marché du coin. Les odorantes herbes locales entre alors en jeux, l' Albaca viens parfumer notre poisson à la plancha tandis que d'autres aromates ajoutent une touche « pacifique » au riz et légumes qui accompagnent notre plat.

 

            Toute l'équipe alors repue par ce festin se dirige vers la plage et son digestif, le fameux « Nariño »,  l'eau de vie d'anis, brulante et sucrée, mais bon marché. Et ce n'est qu'après quelques verres que nous entrons dans une discothèque à ciel ouvert... L'alcool faisant effet très vite, nos jambes frêles et débutantes en rythme latins commencent à trépigner, et nous nous lançons donc sur la piste de danse avec un engouement tel, que des dizaines d'yeux écarquillés nous observent. Nous sommes environs trente dans la « disco », 2 blancs, 2 latins et 26 noirs... Je danse alors un Merengue avec une fille locale pendant qu' Amélie se déhanche avec le mari à l'autre bout du « dancefloor » , un moment mémorable dont les orteils de la gazelle se souviendront. Retour en taxi un peu flou et courte nuit de sommeil, car le soleil se lève tôt, même un dimanche sur les plages du Pacifique.

 

            Après un petit déjeuner, barbouillés à souhait, avec la gueule de bois... nous nous dirigeons vers la plage de l' île « del Moro », magnifique endroit ou s'entremêlent sable noir, roches et cocotiers... De divines créatures se trémoussent sur le sable et le coucher de soleil se fond au centre de l'horizon. La vie est simple, les gens souriants, avenants et accueillants... Le menu y est unique et délicieux, soupe de poisson, poisson grillé, bananes frites, riz et piment. Ce dernier calme un peu nos aigreurs d'estomac et nous donne les forces de lutter contre les vagues, et les vendeurs de chips et autre étouffe-chrétiens. En revanche nous n'avons pas pu lutter contre une bonne mangue verte salée et citronnée, et le fameux lait de coco dans sa noix. Nous avons aussi gouté la spécialité locale que les colombiens ont mis à leurs sauce : le « ceviche », ici ce sont des crevettes cuites, moules et bulots dans une sauce cocktail, mayo/ketchup très étrange mais pas mauvais....(au Pérou : poisson cru en marinade de citron, coriandre, oignons et céleri, bien plus élégant et frais....).

 

            Les journées passent vite et nous sommes sur la fin de cette découverte.

 

            Mais, car il y a toujours un « mais ».... Le retour fût des plus mouvementé.

 

            Nous décidons de repartir la nuit pour Pasto. Après quelques heures de trajet, nous sommes arrêtés par des militaires dans un village... Nous disant que le bus ne peut plus avancer car des combats avec la guérilla font rage à quelque kilomètres .... (sachant que la guérilla est quasi inexistante depuis quelques années, nous sommes surpris...). Bon... nous commençons à avoir un peu peur, les gens dans le bus avec nous pareil, voir pire... et quelques heures plus tard, le bus repart... Tiens... étrange, on va droit dans la gueule du loup... Et nous ne fermons bien sur pas l'œil des quelques heures de trajet qu'il nous restent. Sur la route, nous ne voyons rien de rien sur les dizaines de kilomètres suivants, pas de trace de combat, pas de militaires, pas une seule lumière, pas de bruit... bizarre... Arrivés à Pasto, nous interrogeons le chauffeur du bus, qui, fou de rage, nous informe qu'il n'y avait pas de combat, pas de guérilla mais qu'un droit de passage nous était exigé pour pouvoir continuer... Oufffffffffff.....

 

            Bref, plus de peur que de mal !!!

 

            A bientôt ….  

 

 

 

 

 

 
Note : 5.00 - 13 votes



Commentaires
  • par Monique 31/01/2013 Alerter

    Bravo pour cet article qui nous fait renouer avec l'aventure!! Vivement d'autres lectures, j'y compte!! Besos à vous deux.

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