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Pereira

08/02/2013 | pereira | 0 commentaire |

Pereira

            Depuis Salento, il nous faudra seulement une heure pour rejoindre les vertes prairies de Pereira.

 

La ville est surnommée, la « Perle de l'Otùn », synonyme de commerce, d'élevage et d'agriculture moderne. La cité est la capitale du département de Risaralda et cette zone de transition entre la cordillère et les vallées dévoile des pentes douces et des plaines lumineuses. La canne à sucre couvre une bonne partie du territoire et remplace alors le café qui ne survit pas ici. La ville en elle même est un dédale de rues commerçantes, pleine de vie et de bonne humeur. D'ailleurs, on dit que c'est la ville « de las piernas abiertas.... », autrement dit des filles faciles et des plaisirs charnels. Cela ne nous nous a pas sauté aux yeux, mais c'est ce qu'on raconte ici en Colombie.

 

            Nous sommes donc arrivés vers 20h au terminal de bus, et nous étions attendus à la sortie de la ville chez un de nos hôte, en direction de « La Virginia » (un peu osé à quelques km de la ville des jambes ouvertes....). Nous avions contacter Manu la veille pour qu'il nous reçoivent chez lui. Nous prenons donc une autre ligne de bus qui nous amène, au milieux de la nuit, dans les contrées avoisinantes. Nous descendons donc à l'endroit prévu, une ferme appelée « Hato Viejo » (le vieux troupeau). La nuit est douce et les étoiles se dévoilent dans un ciel parfaitement dégagé. Nous suivons à pied un chemin jusqu'à une petite ferme où des vaches endormies nous remarquent. Les aboiements des chiens de garde font entrouvrir une porte déglinguée et grinçante... Un petit homme en sort et nous demande qui sommes nous et que voulons nous... Nous répondons que nous cherchons Manu. L'homme, un peu distant et craintif ne nous répond pas vraiment... Nous créons donc la confiance avec quelques phrases dites  « accrocheuses », du style, « vous avez une belle ferme » ou bien « nous avons eu peur de ce grand chien, qui ma fois est bien beau.... ». Bref, l'homme sort son nez de la maison et nous dit qu'il est l'oncle de notre hôte et que nous n'allons pas attendre longtemps.... D'accord... Et en effet, quelques minutes plus tard, un gros 4X4 arrive sur le sentier précédemment emprunté... Un grand barbu, blond et aux cheveux longs emmêlés en sort... (les Tarnais ce demande alors : « Quézaquel tipe??? »...). Il s'approche de nous, nous salut et se présente en Français. Nous montons dans le véhicule, et, surpris de son accent parfaitement clair , lui demandons comment ce fesse qu'il parle aussi bien le Français ??? Il nous répond qu'il à reçu une éducation dans un collège Français de la ville mais qu'il est parfaitement autochtone. Nous roulons environ sur 5km, la piste est enroulée dans la vallée et paraît un peu cabossée. Le « taxi » s'arrête et nous sommes accueillis par d'autres gros canidés pas très commodes... Dans la nuit, nous ne voyons pas trop où nous sommes et le peu de lumière qui éclaire nos pieds ne permet pas de voir les alentours... Notre guide du moment arpente un petit sentier, en direction d'une piètre lanterne, nous le suivons. Au pied de l'ampoule, une famille au sourire radieux, nous attendait en tressant les cheveux d'un beau et fort bonhomme. Après salutations et présentations, nous voilà au sein d'une sympathique ferme en construction, accompagnés de deux familles. Manu nous emmène droit dans une autre partie de la maison, notre chambre... fort bel endroit construit tout de bambous et de terre. Notre couche est surplombée d'une moustiquaire et d'un « baldaquin » lui aussi en bambou (Guadua). Nous sombrons en quelques minutes.

 

            Au réveil, c'est un endroit fantastique qui se montre à nous, la végétation environnante d'un vert fluorescent en dit long... La maison en « L », faite sur plusieurs niveaux, est digne d'un « resort » au Seychelles et est parfaitement pensée. Nous sortons donc alors nos pieds engourdis du nid nuptial et nous dirigeons vers la cuisine à l'air libre. Là, nous attend notre homme... Et c'est avec un grand sourire qu'il nous donne la bienvenue dans « SON » paradis, et quel paradis... Le lieu de vie , avec vue sur l'horizon est en construction... mais rien n'y fait, le panorama est tout simplement divin. Avec un café en main, nous faisons le tour de la maison. Tout est somptueux et les diverses excavations et tas de gravats ne nous gâchent en rien la visite. Nous prenons le temps de déguster un gros petit déjeuner et partons accompagné de la petite dernière pour la ville voisine, la Virginia. C'est la maman, Clémence, qui nous amène dans le centre où elle à une course à faire. « Rendez-vous au pied de l'église dans deux heures » nous glisse telle en quittant la voiture. Alors,  nous flânons un peu dans le centre à la recherche des ingrédients du soupé. La bourgade est très animée et jalouse de ses sourires tout autre ville que nous avons traversée. La place principale est ombragée de gigantesques arbres aux branches tombantes. Les marchands de journaux vendeurs de « brics et de brocs » se partagent en harmonie les trottoirs alentours. Ils discutent certainement de la pluie et du beau temps profitant des fameuses ombres des géants. Le temps des emplettes et de boire un délicieux jus de « Guanabàna » au lait, l'heure était là.

 

            Le soleil au zénith, nous remontons dans la « Willys »(4X4 typique) en direction de la ferme où nous attendent les ouvriers du chantier et la famille. La piste se dévoile alors dans la clarté, absorbant les doux rayons de l'astre tant aimé des hommes d'ici. L'herbe humide reflètent la lumière et des troupeaux de chevaux en libertés nous accompagnent le long des pâtures. Clémence nous explique que toute cette vallée est la propriété de la famille. En contrebas de la première colline, coule un petit ruisseau formant un étang où boivent les bovins. La famille travaille depuis des générations avec les vaches, pour le lait et la viande. Mais ici, les bêtes jouissent d'une verdure abondante et d'un espace suffisant avant de passer à la casserole. On y produit aussi du fromage de chèvre. Le chemin bien entretenu est  aussi le terrain de jeu de charmantes chenilles qui tissent leurs fils depuis les arbres, jusqu'au  sol, leur coton forme alors de longues lignes brillantes tout au long de la route. Le parterre de fleur champêtre jonchant toute l'année les prairies, nous fait alors comprendre ce qu'est le printemps éternel, la fierté des maquignons du pays.  

 

            Arrivé « la haut », un repas nous est servi avec vue sur les vertes pentes environnantes...  Un moment joyeux et plein de bonnes ondes que l'on partage avec la famille et les jeunes ouvriers affamés par leur matinée de travail. Dans l'après-midi, Amélie commence des fouilles archéologiques avec le maître des lieux car au début des travaux, ils auraient trouvés des objets datant de plusieurs siècles voire millénaires. Le travail consiste à soulever couche par couche la terre d'une zone déterminée en quelques seconde par notre « Alfred C.C. » local. Ils n'ont rien trouvé mais, « qui sait » comme dirait l'autre. Ma tache était plus simple, j'ai affuté les outils de jardinage; diverses pèles et sarclets y sont passés. Le soir, nous préparons à notre tour le repas du soir et la journée  se termine avec d'autres échanges sur la planète, ses merveilles, ses vices et ses couleurs. La nuit fût courte mais pleine de beau rêves.   

 

            Au matin du troisième jour, nous nous activons à la réparation du toit de la maison des chèvres avec Manu, pendant qu'Amélie enlève les gourmands aux piètres plans de tomates. En parlant des chèvres... deux chevreaux sont nés pendant la nuit, deux mâles, aujourd'hui surnommés « Thibaut » et « Marcel » (car, deux mâles...) en l'honneur de notre présence.

 

            Nous discutons encore et encore, refaisant le monde, échangeant des idées « bio » mais le temps est venu de quitter ces magnifiques lieux.

 

            Nous repartons pour le centre de Pereira, et visitons un peu ses rues bruyantes et peuplées des milles et un visage du monde. Latins, blancs et noirs se côtoient dans les artères de la cité et, bien sur, sur la très connue « Plaza Bolívar » où l'on peut voir la statue de l'emblématique « liberator », nu sur son cheval!!! Bonne blague du sculpteur Colombien Arenas Betancour. La place est aussi connue pour sa cathédrale « Nuestra Señora de la Pobreza » de 1875 qui a été construite sur une autre cathédrale, elle, datant des années 1500. Après quelques photos du centre et l'achat de nouvelles chaussures  pour ma belle, nous voilà en route pour Manizales. (une paire de chaussures d'ailleurs bien méritée... car la précédente avait déjà plus de deux ans, achetée d'occasion et dans un état assez inquiétant...).

 

            Chers lecteurs, à très vite pour de nouveaux récits.  T.M

 

 
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