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Parc Tayrona...

02/01/2013 | Parc Tayrona | 0 commentaire |

Parc Tayrona...

     C'est durant notre séjour à Taganga, vous l'aurez compris, que nous montons une équipe pour visiter le Parc Tayrona. Un soir comme tant d'autre en ville, nous rencontrons un étrange personnage, dénommé Rudji, il se dit Brésilien mais en fait il s' avérera qu'il est Allemand. Joueur de flûte confirmé et surtout très mystérieux, il nous propose de le suivre dans le fameux parc. Il nous présente des amis qui sont sur le départ et après quelques mises au point, les esprits sont enfin prêts pour l'aventure. Le défi, c'est de rentrer sans payer. Pourquoi ? L'entrée coûte 40 000 pesos et si seulement ils servaient aux indiens Tayrona... Mais que nenni chers lecteurs, il se trouve que le propriétaire du parc est Français et ce genre de bizarrerie nous amènera à la décision de ne pas payer. Comme un coup de gueule pour les indiens. Bref... Nous avions rendez-vous avec l'équipe le lendemain matin à neuf heure au départ des bus qui se dirigent vers Santa Marta. Les sacs-à-dos seront vite fait puisque nous n'en avons presque pas... et pour aller dans un parc de la sorte... un maillot de bain, une paire de chaussette, un falzar et un T shirt suffisent. Ponctuels, nous nous pointons à neuf heure pétante au bout de la belle et grande promenade de Taganga. A dix heure... le Rudji se pointe et nous demande d'attendre le reste de la troupe qui est en route... A onze heure l'équipe arrive mais n'est pas prête... A midi enfin, nous sommes sept sur le départ. Nous grimpons tous dans une de ces frêles camionnette direction Santa Marta.

 

     Le trajet se fait en quelques quinze minutes et nous descendons près du marché pour rejoindre l'autre partie de la troupe. Ils sont six à nous attendre. Au final nous sommes treize. Je commence : trois Chiliennes du nom de Belen, Macarena, Florencia, un autre Chilien Pablo, six argentins dénommés Ramiro, Santiago, Yael, Alejandro, Gonzalo et Ariel, notre Brésilien Rudji, et nous deux. Un jolie famille est là, tous trépignant d'impatience. Il faut faire des réserves avant de partir et nous nous dispatchons les courses afin de les faire au plus vite... En quelques minutes, nous sommes prêts, nourriture, casseroles, duvets, tentes, etc... Nous montons de nouveau dans un bus qui nous amène à l'entrée secrète du Parc connue de notre « guide » Pablo. Trois des argentins, eux, sont à vélo et suivront le bus à grands coups de pédales. Les trois frères font le tour d'Amérique du Sud à vélo... oui !!! Nous les attendrons quelques minutes pour enfin se diriger vers le chemin. Nous sommes cachés mais, la police n'est pas dupe... ils nous attendent et nous ont repérés... Nous sommes alors tous un peu déconcertés par la situation qui ne semble pas vouloir se plier à notre volonté. Pablo, lui est déjà entré plusieurs fois sans payé et nous demande d'attendre un peu que les poulets s'en aillent. Il est cinq heure et demi et la nuit va tombée... Nous nous concertons et commençons à mettre les quelques pesos que nous avions en poche en commun pour essayer de payer un prix de groupe...

 

     Au bout de quelques longues minutes, les policiers s'en vont et nous donnent enfin le champ libre vers notre destination, les plages paradisiaques du parc. Nous nous pressons, la marche est dure et les kilos de provisions que nous avons sur le dos rendent la randonnée pénible. Il fait une chaleur étouffante au milieu d'une végétation tropicale très dense qui doit cacher des bestioles pas très sympathiques. Et en effet, nous tombons sur un campement Tayrona... Le chef de famille, habillé des pieds à la tête d'un habit blanc en lin, nous explique qu'il est impossible de rejoindre la plage à cette heure là, car elle est encore trop loin et que les serpents sont de sortie la nuit. Il nous interdit aussi d'aller camper dans les ruines en contrebas mais nous décidons de continuer quand même en sachant qu'il nous reste au moins deux heures de marche pour aller jusqu'à notre but. La nuit est là et la forêt commence à s’animer de divers sifflement et bruits très étranges. Nous n'avons que trois loupiotes pour tout le groupe et le parcours est plein de trous, de pierres, de bêtes et de branches qui nous barrent le passage. Nous faisons de temps en temps halte pour nous désaltérer et manger un peu. C'est en faisant passer le faisceau de lumière au sol avant de s'asseoir que nous tombons nez-à-nez avec une petite mygale, de la taille de ma main... Mais elle ne bouge pas, certainement bien plus effrayée que nous. Nous repartons après quelques gorgées d'eau bien méritées. Il devient vraiment difficile d'avancer et nous commençons tous à se demander si nous allons pouvoir arriver à destination car il est impossible de planter le campement sur ce sentier caillouteux et infesté de grosses araignées et serpents en tout genre. Cela fait quatre heures que nous marchons dont quasiment deux dans l'obscurité la plus totale. Nous continuons, araser par la marche. Nous arrivons sur de grosses pierres emboîtées et placées au sol, elles sont le début du chemin qui amène à la cité sacrée des Tayronas... Nous sommes enfin proches et les sourires reviennent, les esprits reprennent de leurs couleurs petit à petit. La marche est alors facile et le chemin s'élargit petit à petit. Nous arrivons dans une grande clairière et pouvons à nouveau voir le ciel illuminé de millions d'étoiles. Pablo reconnaît les lieux et part en éclaireur dans les ruines voir si un gardien n'est pas là... Il revient au bout de quelques minutes et nous dit que la place est libre. Arriver au milieu de cet endroit mystique et inquiétant à la fois, nous déchargeons les sacs aux pieds d'une petite maison ronde. Ils ont même restaurer cette petite cahute et fait un toit de paille qui nous servira d'abri pour cuisiner et passer la nuit. Nous nous mettons tous au travail et cuisinons une délicieuse soupe de légumes au feu de bois. Ces flammes nous serviront aussi de douce source de chaleur autour de laquelle nous nous raconterons toutes sortes d'histoires de voyages et de légendes. Nous plantons le campement et après quelques regards vers l'infini du ciel et ces êtres cosmiques, nous plongerons tous dans un sommeil lourd et plein d'espoir.

 

     Au lendemain de cette folle nuit, c'est au milieu des ruines de « Pueblito », comme l'appelle les indiens, que nous nous réveillons. Il est l'aube et le spectacle est grandiose, une brume légère s'écrase sur les épais murs de la cité construite sur plusieurs terrasses. Quelques cocotiers se dressent entre les murettes rongées par une mousse épaisse et abondante. La forêt nous entoure... et le doux ruissellement de la rivière en contrebas, le chant de petits oiseaux nous donnent l'impression d'être seuls au monde. Le calme est prenant. Nous rallumons les flammes pour y faire bouillir un café et faire cuire des galettes de maïs que nous avions cuisiner la veille. Durant ce petit déjeuner convivial et prospère, un homme fait son apparition et nous demande de partir, nous l'avions trahi. C'est le même monsieur que nous avions croisé à la tombée de la nuit et en effet, nous lui avions dit que nous ne resterions pas dans les ruines. Il a enfin très bien compris notre détresse en pleine jungle et nous a presque avoué que si il ne voulait pas que l'on dorment là, c'est parce qu'il loue des hamacs dans sa maison. Il a aussi vu que nous avions respecté la cité.

 

     En quelques minutes, nous décampons et laissons le gardien des lieux tranquille, chez lui. La marche est beaucoup plus facile de jour, et avec quelques provisions en moins sur le dos le sac est bien moins lourd. La deuxième partie est très impressionnante, ce n'est qu'une descente d'environ huit kilomètres. On peut entendre d'en haut de la colline, l'Atlantique qui gronde, rugit de ces immenses vagues. Toujours dans une végétation très présente, nous sautons de rocher en rocher, passons des cours d'eau et observons des papillons... Nous croisons aussi des touristes qui rentrent dans l'autre sens... Touristes qui ont « le » bracelet, et ce fameux bracelet est obligatoire dans le parc. On nous dit que les contrôles sont fréquent dans le camping et qu'il est préférable d'en avoir un si on ne veut pas passer un mauvais quart d'heure. Nous trouverons tous un bracelet sur le chemin, mais pas tous celui du camping (car pour chaque camping de la zone, une couleur, un dessin...etc...). Nous décidons donc de continuer et de voir comment ça se trame à l'entrée. Nous arrivons vers neuf heure sur le plat, dans une forêt de cocotiers où la lumière entre dans les grands arbres se qui crée une luminosité magnifique. Deux éclaireurs partent en reconnaissance pour voir comment ça se passe... Ils reviennent le sourire aux lèvres et nous affirment qu'il n'y a aucun contrôle et que l'accès est quasiment libre !!! Joyeuse, la fière ribambelle reprend la route. Nous entrons et commençons à s'éparpiller pour ne pas attirer l'attention des vigiles. Nous plantons nos tentes incognito au milieu des autres et partons tous à la découverte du lieu.

 

     Sous nos yeux ébahis l'océan se dévoile... L'eau est turquoise, le sable d'un jaune très clair et le ciel limpide et pur comme l'air qui entre dans nos narines!!! La forêt de cocotiers derrière nous, nous donne l'ombre nécessaire à notre repos. L'océan est déchaîné et la houle impressionnante. Nous sommes au paradis, et il n'y a pas d'autres mots. Il n'y a presque personne sur la plage... La gaieté dans le cœur, la compagnie est au au complet et la mission est un sucés... On se tape dans les mains, s'embrasse et se félicite fièrement.

 

     Nous y sommes, et pour fêter ça, nous sortons l’attirail, soit, une guitare, deux maracas, un charango, une trompette, deux flûtes traversières, nos mains et nos cordes vocales... Nous jouerons de petits airs connus, d'autres moins, pour fêter notre arrivée. Les badauds nous observent, et au final, ont l'air d'apprécier la bonne humeur dont ont fait preuve. Nous croisons d'autres voyageurs qui se joindrons à nous pour festoyer et vivre ce moment extraordinaire plein de joie. Nous resterons en famille quelques heures jusqu'à ce que la faim se fasse sentir.

 

     On nous fait discrètement savoir qu'une cuisine commune est à disposition dans un coin du camping. Nous nous jetons sur l'occasion et allons voir. En effet, deux trous on été creusés, de quoi allumer une bonne flambée et mettre nos casseroles à chauffer. Nous passerons beaucoup de temps à cuisiner, car c'est un défi que de faire la tambouille pour treize avec trois petites marmites, une grille et la chaleur. Avec la volonté de quelques uns d'entre nous, nous y arrivons très bien et préparons même des repas très savoureux. Il suffit de faire quelques pas pour trouver des noix de coco fraîchement tombées de l'arbre. Du coup, c'est à tour de rôle que nous ouvrons et se partageons le délicieux lait qui coule du fruit. Une fois bu, nous ouvrons la noix, la découpons et la grillons sur le feu... un délice. Les noix nous servirons aussi à improviser une pétanque, tèhhhh, on est pas du sud pour rien « con ». Les amis étrangers ont aimé et en on demandé à plusieurs reprises... Faute de Pastis, on à bu le lait des boules de pétanque...

 

     Nous passerons des heures et des heures dans l'eau, à jouer avec les vagues, nager et apprendre quelques nœuds de macramé sur la plage. Les journées passent très vite à ne rien faire et à bronzer... On profitera de quatre jours et trois nuits dans ce petit paradis pour se balader de plage en plage et échanger avec une équipe formidable.

 

     Il se trouve que nos amis Toulousains nous attendent à Taganga pour la fête et nous devons rentrer, nos compagnons de route resteront quelques jours supplémentaires aux frais de ce grand propriétaire terrien Français. Nous continuons notre route et rejoignons l'entrée principale pour repartir.

 

     Pour finir l'histoire, si nous n'avons pas voulu payer, c'est aussi pour la simple et bonne raison que les indiens Tayronas, ne bénéficient en rien de l'entrée d'inconnus sur leur territoire. Pas un seul pesos ne leur aient reversés, rien... seulement les poubelles et les dégâts que font les touristes irresponsables. Le colombien n'a toujours pas la moindre idée de ce qu'est l'écologie. On jette sans remord une bouteille de soda par dessus l'épaule. Heureusement, la police contrôle les entrées de nourriture, aucun plastique n'est autorisé à pénétrer dans le parc et la fouille est apparemment drastique... Mais les restaurants et paillotes des campings, eux ne se gênent pas pour entasser des poubelles sous les cocotiers. Il y a de plus en plus de gens qui viennent à Tayrona, et nous les premiers et c'est peut être le début de la fin... Mais nous avions la conscience tranquille en partant, car nous n'avions pas emporté un seul sac plastique, seulement des déchets organiques qui ont été brûlés ou remportés vers la ville. Nous n'avons rien consommé dans le camping et fait en sorte de respecter au mieux le paradis qui s'est offert à nous. En fait, nous pensons que le prix d'entrée est justifié, pour acheminé les denrées, les déchets et créer les infrastructures nécessaires à la survie d'un tourisme plus ou moins bon. Mais si l'entrée était gérée par les vrais propriétaires de ces terres, qu'il n'y avait pas de camping, seul un tourisme sauvage, seuls de vrais aventuriers iraient prendre du bon temps à Tayrona. Mais Tayrona à vu trop grand. Cette année, et peut être les prochaines sont encore tranquilles, mais qu’adviendra-t-il de ces terres vierges dans le futur ? Nous espérons que les gens garderont la conscience dont il font preuve aujourd'hui et qu'ils ne feront pas les dégâts que l'on à observer à Carthagène par exemple. Nous sommes quand même optimistes pour la suite de ce magnifique lieu.

 

     Ceci clôture nos vacances et les prochains articles seront consacrés plus particulièrement à notre département Nariño, ses alentours et sa capitale Pasto !!!

 

     Merci de nous suivre

 

                                  A très bientôt !!!

T.M

Correction : A.D.L

 
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