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La Union et Arboleada de Berruecos

28/05/2013 | | 0 commentaire |

La Union et Arboleada de Berruecos

 

            Une autre fois, nous partons dans les campagnes du nord du département. Après avoir rencontré Gabriel dans sa boutique d'artisanat, nous ayant conté un peu de lui et de son projet, nous sortons voir ces filles qui tressent les magnifiques panières exposées dans la boutique.

 

            Nous décollons par une matinée pluvieuse du terminal de Pasto. La route étant assez bonne jusqu'à notre première étape, le « combi » ne tardera pas à entrer dans La Union. Cette petite ville est, depuis la nuit des temps, le carrefour commercial du nord du Nariño. C'était le seul endroit pendant la colonisation où des hôtels et des auberges étaient ouvertes entre la grande Quito et Popayan, les deux villes encore aux mains des Bolivariens. La ville commerciale est toujours sur pied et elle a gardé sa réputation de ville « discount ». La grande rue qui descend sur la place est bondée de tissus, de chaussures, de vêtements et surtout d'acheteurs venus de toute la zone pour y faire des affaires. Le centre parait plus calme, propre et sa grande place arborée très pentue, permet aux habitants et aux voyageurs de se promener et de manger une arepa ou un sandwich bien gras que prépare de grosses « mamitas » en tablier. La ville porte toujours aussi bien son nom, «La  Union », elle fourni aujourd'hui tous les marchés de Pasto et des plus grandes villes. Les producteurs de matières premières et de confections en tout genre des campagnes s'y rencontrent. On croise beaucoup de monde dans les rues, mais l'ambiance n'y est pas très agréable, on se sent vite espionné et les gens s'attroupent autour de nous pour nous poser un tas de questions étranges. Nous passerons une nuit dans l'hôtel du coin. Le lendemain, nous attendons le seul 4X4 qui part en direction de la Arboleada Berruecos, une bourgade nettement plus sympathique nous a t-on dit. Etant donné que seul ce véhicule traverse les montagnes pour rejoindre l'autre ville, il faut être les premiers à réserver nos places pour pouvoir voyager. Nous serons sur les lieux du départ à 9h pétante... Le chauffeur mettra la clef dans le contact à 13h30. Entre temps, assis sur les grandes marches montant vers l'église, nous discutons avec un tas de gens qui nous racontent des histoires à dormir debout. Pendant le trajet c'est pareil, ici on parle des morts par balles du narcotrafic comme de la pluie et du beau temps chez nous. Nous écoutons une conversation entre un vieil homme et une dame qui discutent le sourire aux lèvres : « Le voisin à pris quatre balles dans la tête cette nuit, il n'est pas mort, il est aux Urgences de Pasto. Mais s'il s'en sort ils reviendront pour le fumer, lui et sa famille... ». « C'était un un mec qui fricotait avec les flics et on ne sait pas trop dans quoi il trempait ce pauvre type » nous disent-ils... Un autre papi venait de me raconter une histoire encore plus terrible que je ne vous compterai pas car trop horrible... Nous commençons à avoir un peu peur mais les gens nous rassurent et nous affirment que personne ici, ne nous fera de mal car nous n'avons rien à voir avec ces affaires. En tout cas, plus nous nous enfonçons dans les montagnes, plus nous nous détendons.

 

            Le 4X4 nous dépose au croisement où une petite maisonnette fait office de relais. La jeune fille vend de délicieuses « empanadas »  qui nous donneront les forces nécessaires pour reprendre la route. Elle nous explique que seul la « lechera » (camion qui collecte le lait dans les campagnes) peut nous amener jusqu'à Berruecos. « C'est une camionnette rouge » nous dit la cuisinière... Et quelques minutes après, voilà que la camionnette fuchsia s'amène dans notre direction. Nous l'arrêtons et l'homme, surpris de nous voir ici, baisse sa vitre et nous demande où allons nous. Ce n'était pas du tout un camion qui collecte le lait mais seulement un colombien très sympathique qui a de suite accepté de nous aider. Nous lui expliquons que nous allons voir une amie à Berruecos et il nous avance de quelques vingt kilomètres jusqu'à un autre patelin nommé San Lorenzo.

 

            Nous mangeons un délicieux « sancocho » (soupe épaisse de banane plantin, maniok, poulet, etc...) à la table d'un petit restaurant familial aux abords de la place du village. Après s'être gonflé l'estomac de ce délicieux liquide, nous nous asseyons sur les bancs d'un boui-boui pour attendre une moto qui peut nous amener à destination. Mais après quelques heures d'attente, le chauffeur de la moto ne veut toujours pas baisser le prix exorbitant de sa course. Une jeune fille nous aborde et nous dit qu'un homme doit l'amener dans l'après midi à Berruecos où elle travaille, mais le conducteur est toujours introuvable. Elle se met à sa recherche accompagnée d'autres demoiselles et le déniche enfin. Nous sommes une bonne dizaine à bord du véhicule dont huit filles qui vont prendre des cours de l'autre côté de la montagne. C'est sans aucun problème que l'engin franchis le col séparant les deux villages.

 

            A l'arrivée à Berruecos, nous avions le numéro de téléphone d'une de ces dames qui tresse les paniers de « Artejer Gaïa », la boutique de notre ami Gabriel. Son téléphone étant éteint, nous partons à sa recherche dans le village... tout le monde ici la connaît et ce fût un jeu d'enfant de la trouver. Angelita nous amène dans l'hôtel d'une de ces amies et nous montre son atelier. En nous montrant les divers types de panières, elle nous explique que cette petite entreprise a été crée pour permettre aux femmes seules du village de gagner un peu d'argent et de se retrouver autour ce magnifique savoir qu'est la confection de ces paniers uniques. Elles travaillent avec une herbe qui pousse autour du patelin, nommée « Paja blanca », un grande tige fleurie, fine et élancée, qui, une fois séchée, résiste à tout. Elles rassemblent les tiges entres elles de façon à obtenir une longue tresse de plusieurs mètres qu'elles enroulent pour former le panier.

 

            Le soir, nous prendrons du bon temps aux côtés de presque tout le village qui s'était réuni dans le bar du coin pour observer les deux blancs... Nous expliquerons une bonne dizaine de fois que nous vivons à Pasto, qu'Amélie est professeur de français là-bas et que nous ne sommes pas atteint d'une maladie orpheline qui nous donne la peau blanche... Un moment très intéressant où nous ferons la rencontre de deux jeunes amoureux de leur terre et qui nous proposerons une sortie le lendemain matin.

 

            Malgré un crachin qui ne cessera pas, nous partons emmitouflés de longues capes imperméables. La petite balade ayant pour but de voir une série de pétroglyphes et un monastère en pierre vieux d'au moins 40ans... mouhahahaha... Nous l'avons sut une fois arriver sur place bien entendu. Bref, nous sortons du village et nous dirigeons vers une des pierres qui comportent des pétroglyphes datant de l'époque des « Pastos » (indigènes de la région, descendant des tribus Incas du nord de l'empire..). On devine des gravures, deux singes, des spirales et quelques formes géométriques mais sans vraiment ressentir l'énergie du lieu. La balade continue et nous passons sur l'ancienne route des Bolivariens et notamment à l'endroit précis où à été abattu le grand Général Sucre, bras droit de Bolivar pendant la révolution. Ce passage obligatoire reliant Quito et Popayan était redouté de tous soldat. Nos guides nous expliquent que la géographie insolente qui se présente ici à Berruecos à permis aux troupes Espagnoles de tendre une embuscade aux bataillons de Sucre. Les abruptes montagnes entourant le patelin ont donné un avantage important aux fusiliers Pastusos qui étaient alliés de l'armée coloniale et à l'artillerie qui a réduit à néant la cavalerie et l'infanterie des révolutionnaires. Le général s'étant battu jusqu'à la fin a été fusillé sur une des collines voisines. De nombreux Vénézuéliens et autres partisans de la Révolution viennent s'endeuiller à cet endroit en mémoire « Del Libertador ». Nous visitons ensuite ce fameux monastère qui est la fierté des habitants de ces campagnes. Il à été construit il y a quelques quarante ans par un prêtre italien. Tout en pierre, de style église du Moyen-Age, tout en pierre. Un endroit magnifique où vit une « tripotée » (et là, le mot prend tout son sens...) de moines qui ne sortent jamais de leur antre... Il nous font visiter leur patio et bien sûr la petite boutique de souvenirs rouillés. Le moine « chef » nous fait sont topo sur l'amour et la paix que le monde devrait adopté et nous laisse repartir.

 

            De retour au village, nous mangeons un bout et repartons vers Pasto.

 

Merci de encore de nous lire.

 

T.M             

 

 

 
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