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Comme au far-west

05/05/2013 | Desierto de la Tatacoa | 2 commentaires |

Comme au far-west

     C'est par une belle après-midi, que nous entrons dans Neïva, la capitale du département Huila. Nous grimpons directement dans un minibus pour rejoindre Villavieja, la porte du désert. Il faut une bonne heure à une allure d'escargot pour entrer dans la petite bourgade.

 

      Ici, c'est le far-west, les rues sont pavées et quelques saloons modernes le long des rues crachent de la Ranchera (musique locale). Les habitants portent de grands chapeaux de paille ou des “Stetson” façon John Wayne, de belles chemises aux couleurs ternes et le jean, mais le Colt à la ceinture n'est plus d'actualité. Le vie suit son cour au rythme des journées très chaudes et du passage incessant de nombreux touristes badigeonnés de crème solaire, au torse velu et à la gâchette facile (celle de l'appareil photo bien entendu). Dans le village, tout le monde gagne sa croûte grâce au tourisme, tout est en rapport avec le fin blanc bec qui déambule dans les rues poussiéreuses. C'est un très beau petit patelin que nous arpentons de nuit afin de nous nourrir car il fait faim. Nous mangerons contre notre grès un hamburger horrible, pleins de graisses saturées et d'antibiotiques en tout genre. Et oui, ici, la mode américaine est d'autant plus présente, car le touriste colombien aime à se bâfrer de Hot-dog aux multiples sauces, d' hamburgers transgéniques et d'autres cochonneries introuvables dans nos belles campagnes Tarnaises. Bref, nous nous concerterons pour enfin lancer d'un air malheureux : « ce n'est qu'une fois de temps en temps... ». Nous rencontrons une famille qui nous laisse un lit double pour la nuit. Nous payons la modique somme de 10 000 pesos pour passer la nuit dans une chambre plus que rupestre. Nous entendons depuis notre lit, les ébats amoureux du couple voisin comme s'ils étaient dans la même chambre que nous. Enfin...

 

     Le matin très tôt, nous prenons un gros petit déjeuner dans la boulangerie du coin de la rue pour enfin partir à la conquête du désert. C'est un « touk-touk » à la mode colombienne appelé « Chikitaxi » qui nous conduit jusqu'à l'entrée de l'étendue aride et sauvage.

 

      Sur le trajet, nous passons entre des prairies où de grands troupeaux de ruminants traînent la pâte en quête d'une herbe grasse introuvable. Un peu plus loin, se dévoile enfin le désert... Une immensité vierge et aride qui s'étend sur plus de 300 kilomètres carré. Le peu de pluies qui tombent ici, façonnent le terrain comme un sculpteur. Des monticules de terre se forment avec le temps prenant des formes incongrues et étranges. La terre est rouge et on se croirait vraiment chez Lucky Luke que les colombiens ne connaissent d'ailleurs pas... Le moto-taxi nous laisse donc comme prévu sur le premier hôtel. La petite ferme est très mignonne mais les habitants un peu froids et distants. Nous apprenons qu'un observatoire fait des soirées à thèmes non loin de notre logis. Nous décidons de passer la soirée la tête dans les étoiles... Et quelle métaphore à l'aube de nos six ans de vie commune. Oui... six ans que nos deux êtres ne se quittent plus, que nous sommes liés. Et c'est dans ce désert que nous fêtons ça, certes très simplement, avec une bière fraîche et une partie de carte. Mais à ce moment, pas besoin de verres de cristal ou ni même de lit à baldaquin. Nos sourires l'un pour l'autre et le cœur déjà plein de souvenirs suffisent bien. Nous étions accompagnés d'un perroquet pour fêter ça. C'est un hamac que nous louons pour passer la nuit à la belle étoile dans le désert. Vous vous direz c'est déjà pas mal comme nuit de noce...

 

      Après une bonne bière, nous partons arpenter le désert à pieds jusqu'à une fameuse oasis où des piscines naturelles sont présentes pour rafraîchir les visiteurs. Le voile sur la tête, nous commençons notre marche. La chaleur est horrible mais les paysages en disent long. Les cactus, omniprésents, poussent sur une terre rougeâtre qui prend ensuite des tons gris et sable. De nombreux troupeaux de chèvres à la recherche de nourriture déambulent dans les plaines déformées et sèches de la zone. Les habitants du désert vivent de cet élevage à priori peu lucratif mais très sain. Les « cow-boys » ou plutôt « goat-boys », ont eux aussi de beaux chevaux mais le stéréotype du beau cavalier est ici bafoué et le cow-boy « type » est plutôt ventripotant et moustachu... Nous marchons toujours à travers ces magnifiques contrés à la recherche de l'oasis qui ne semble plus très loin. Une voiture s'arrête et nous fait signe de monter... Nous sautons sur l'occasion. C'est un guide touristique qui conduit et à son bord, deux jeunes colombiens qui travaillent à Neiva et à qui on paie le voyage. L'entreprise prend tout les transports à ses frais et les deux copains nous font profiter de cette occasion. Ils nous amènent jusqu'aux piscines. Arrivés sur les lieux, les piscines naturelles se sont transformées en piscines de béton remplies d'eau de source... Enfin... les colombiens seront toujours les mêmes... des menteurs. Il est quand même très agréable de passer l'après midi au bord de cette eau fraîche... environ 30° !!! Mais sachant qu'il fait 40° à l'ombre, nous en profitons. Nous buvons une ou deux bonnes bières fraîches en compagnie de notre taxi et repartons en fin d'après-midi en direction de notre « hôtel ».

 

     En arrivant, nous mangeons un ragoût de chèvre excellemment bien préparé par la maîtresse de maison et flânons toujours un peu plus dans cette immensité grandiose.

 

     Le soir, nous partons à pied en direction de l'observatoire. La soirée commence mais la lune est pleine et les astres ne sont pas trop visibles. Nous observons donc les classiques, à savoir madame la Lune, Saturne et Beatle Juice. Un topo très intéressant au sujet des constellations et des génies de l'astrologie agrémente les aller-retours de nos yeux intrigués dans le télescope.

 

      Nous rentrons pour nous coucher dans nos confortables hamacs... Mais, (car mon « mais » fait son apparition à ce moment du récit, et ce, pour un paragraphe entier cette fois) les chiens de la ferme ne semblent pas vouloir nous laisser entrer sur leur territoire et menace de nous mordre. Le propriétaire ne semble pas vouloir collaborer et nous les faisons fuir nous-mêmes. Une fois le combat terminé, nous nous glissons dans notre hamac et commençons à somnoler tranquillement. Les chiens aboieront toute la nuit et il nous sera impossible de fermer l’œil jusqu'au matin. En plus du boucan qu'auront fait les deux salopards de chiens toute la nuit, de touts petits moustiques nous ont sucés le sang le temps de quelques heures. Nous sortons du hamac avec le dos et les jambes rongées de piqûres.

 

     Nous décidons de partir au plus vite car toute la famille s'active autour de nous à 5h du matin. Nous marchons encore un peu et prenons un petit déjeuner dans une ferme voisine. A la sortie du désert, nous tendons le pouce et la première voiture qui nous dépasse s'arrête généreusement pour nous faire monter et nous ramène jusqu'à Neïva. C'est un couple d'un certain âge, très sympathique et curieux. Nous sommes comme d'habitude assaillis de questions en tout genre et le conducteur nous invite à boire un Guarapo dans la meilleure presse de la ville. Ils nous proposent même de les suivre jusqu'à chez eux à Florencia mais la ville a très mauvaise réputation et décidons de les quitter sur ce bon jus de canne.

 

     Ils nous amènent au terminal et prenons le premier bus pour Popayan.

 

      Merci de nous suivre, n'oubliez pas de commentez, de votez et de partager vos réactions sur le blog.

 

A très bientôt.

 

T.M

 
Note : 5.00 - 38 votes



Commentaires
  • par Dhares 21/05/2013 Alerter

    Bonjour Amèlie et bjr ègalement a Thiebaud... Martine M'a fait parvenir le lien pour acceder a ton "blog" c'est "fantastique" de nous faire voyager aussi.... je me règale... Bonne continuation ... pour ma part je continue la balade ..

  • par Colombia 25/05/2013 Alerter

    Coucou,
    Nous sommes tres heureux de voir que le blog te plait
    J'ai bien compris que tu etais de la famille mais tu n'as pas precisez ton prenom! Merci de le faire!
    Je te souhaite une bonne lecture et une bonne decouverte de la Colombie

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